C’est terrible de voir et d’entendre la souffrance d’une personne qu’on aime énormément. C’est une torture, un calvaire auquel on se doit malgré tout d’assister pour tenir compagnie à la personne qui souffre. C’est une atrocité que personne ne souhaiterai vivre ou revivre. C’est aussi douloureux que d’être à la place de la personne qui souffre, de la personne qu’on aime. Parce que dans ces moments-là, on peut faire de notre mieux pour la consoler, elle ne se console pas. Elle reste dans son trou de déprime, et nous y tire.

À chaque fois, je fais de mon mieux pour retarder ce moment épouvantable où il faut que je te lâche. Toujours, je continue à m’accrocher à toi, même s’il faut que j’arrête et que je te laisse partir. Je me tiens à toi alors que tu commences déjà à t’éloigner. Et ça me fait mal. À chaque fois que je te lâche, c’est à contre-coeur. Je déteste te laisser partir comme-ça, si rapidement, si facilement. Je déteste te voir partir, et te voir te séparer de plus en plus de mètres de moi.

Je connais des personnes qui préfèrent s’enfoncer, qui renoncent trop vite. Et qui nous empêche de les aider, qui nous empêche d’essayer de les remettre dans le droit chemin du bonheur parce qu’ils ont perdu espoir en ce chemin-là. Et je suis désolée de l’admettre, mais ce sont des égoïstes. Je comprends qu’ils n’ont plus d’espoir à force de multiplier les déceptions et les souffrances, mais la vie est dure. Peut-être un peu trop pour eux, mais n’ont-ils pas pensé à nous ? Croient-ils que nous sommes heureux de les voir se détruire petit à petit ? Qu’est-ce qu’ils croient que l’on ressent lorsqu’on voit qu’ils nous rejettent alors qu’on souhaite simplement les aider ? Voir une personne qu’on aime se détruire, se détruire, et encore se détruire sans qu’on ne puisse l’arrêter, c’est juste affreux.

La haine, la tristesse, la jalousie, la peur, la honte, le désespoir, la fatigue, la faiblesse, la souffrance. Tous, sont en train de reprendre le dessus, de prendre mon contrôle. Je suis leur proie, la victime principale de toutes ces abominations. Je n’ai plus la force de me battre pour récupérer le bonheur qui était entre mes mains, ni la force de faire semblant de l’avoir récupéré.

J’ai réussie à transformer ses mauvais souvenirs en bons. Cette souffrance me manque presque. Je la préfère à celle qui m’envahie en ce-moment même. Parce qu’elle était moins puissante, le manque était moins fort. Je me souviendrais longtemps de ce sourire, d’eux.

La douleur s’est bel et bien échappée, mais je n’oublie pas que dès qu’elle reviendra à la surface, je ne pourrais que couler. On ne peut que se noyer une nouvelle fois. Et ça continue comme-ça, sans cesse. Certains résistent mieux aux vagues, d’autres s’emportent si facilement au contraire. C’est effrayant, pas vrai ? Je ne vous le cache pas, c’est atroce. Cet océan de malheur est devenu un enfer pour tous. Il me terrifie, et j’ai peur de me faire piéger encore.

Un jour j’inventerai un remède dont tout le monde a besoin. Un petit soin pour le coeur, qui réduirait la douleur d’une souffrance, d’une espérance, d’une trop longue absence. Un petit médicamment qui empêcherait les larmes de couler suffira, un médicamment qui calmerait la douleur suffira largement. On a tous besoin d’aller mieux, même ceux qui vont bien, parce qu’on ne va jamais assez bien.

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